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Mar 20 2013

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Communiqué de l’association Uni*T concernant l’inauguration de la stèle « Habib Bourguiba » le 20 mars 2013 à Paris

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Communiqué de l’association Uni*T concernant l’inauguration de la stèle

de Habib Bourguiba le 20 mars 2013 à Paris

Le Mercredi 20 Mars 2013, la Mairie de Paris a décidé d’inaugurer une stèle en l’hommage du président Bourguiba, artisan de l’indépendance tunisienne et fondateur de l’Etat moderne et cela en la présence de Bertrand Delanoë (maire de Paris), Pierre Shapira (adjoint au maire de Paris en charge des relations internationales) , Rachida Dati (maire du 7 eme arrondissement) , et Adel Fqih (Ambassadeur de Tunisie en France).

Rendre hommage à Habib Bourguiba, 1er président de la République Tunisienne pour sa lutte de libération nationale et ses acquis progressistes est légitime. Le Président Bourguiba appartient à l’ensemble du peuple tunisien. Et l’Histoire tunisienne appartient à tous et toutes. Il convient toutefois de rester profondément lucide sur la nature et la pratique profondément dictatorial de son régime notamment l’usage systématique de la torture comme outil de gouvernance. Nous ne pouvons condamner le régime policier de Ben Ali sans revenir sur celui qui l’a préparé.

Le processus de démocratisation actuel doit permettre aux tunisienEs de se réapproprier leur histoire. Nous avons besoin de réconcilier notre peuple, d’articuler celles et ceux qui se référent à la Zitouna comme celles et ceux qui se référent au Collège Sadiki, la Tunisie orientophile et la Tunisie francophile, celle des côtes et celle de l’intérieur.

La France et la Tunisie, les peuples tunisiens et français ont des liens profonds, ancrés et anciens. Et c’est en ami de ce peuple que les hommes politiques français, et donc Bertrand Delanoe devraient se comporter. Et en ami Bertrand Delanoe devrait veiller à rejeter toute tentative partisane d’instrumentalisation de l’Histoire de ceux qui se mettant sous l’ombre tutélaire du Président Bourguiba ne cherchent ni plus ni moins qu’à réhabiliter l’entreprise dictatoriale de Ben Ali.

La Mairie de Paris devrait aussi veiller à ce que son geste ne soit pas perçu comme une manifestation d’ingérence. Ne rendre hommage qu’à l’un des acteurs, du mouvement national tunisien, même principal, tout en ignorant les autres, notamment ceux qui furent les victimes de la dérive totalitaire et hégémonique de Habib Bourguiba tel Salah Ben Youssef, Habib Achour ou encore Lazhar Chraiti soulève des interrogations légitimes.

C’est pourquoi nous invitons Bertrand Delanoë et la Mairie de Paris à d’abord clarifier sa position sur la dictature qui sévit en Tunisie durant l’ère Bourguiba mais aussi à reconnaître la mémoire des crimes coloniaux français en Tunisie.

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