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Août 19 2013

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Le symposium sur l’immigration à Hammamet ce sera sans Nous !

COMMUNIQUÉ

Le symposium sur l’immigration à Hammamet ce sera sans Nous !

 

Avant toute chose, Nous sommes conscient que parler de ce sujet, alors que le peuple égyptien est en train de se faire massacrer par les fascistes de l’armée, peu paraitre hors de propos. Il est toutefois important, de garder le cap et de continuer à se battre pour que les transitions démocratiques dans nos pays d’origine aboutissent. Et dans ce processus, les diasporas, les immigrations, selon le terme choisit ont un rôle à jouer pour soutenir et accompagner la démocratisation nécessaire dans un environnement global des plus hostile.

Tout d’abord, il convient de préciser en préambule que notre association depuis sa fondation est attachée à la construction d’un état de droit démocratique en Tunisie. Les élections du 23 octobre furent les premières élections libres et transparentes de notre histoire, et pour cette raison Nous sommes attachés à l’Assemblée Nationale Constituante de manière viscérale et à la réalisation de sa mission.

Nous condamnons toute tentative de dissolution de cette instance qui se fasse hors de son cadre, et rejetons avec force le règne de l’arbitraire qui en découlerait.

Interrompre un processus démocratique a toujours eu des conséquences catastrophiques, Nous l’avons vu par le passé en Algérie, Nous le voyons actuellement en Egypte.

La diaspora tunisienne a un rôle à jouer dans ce processus. Par son double ancrage, par sa diversité, par son dynamisme, elle doit renforcer le lien entre le pays d’origines et le pays de résidence. Nous avons constaté de quelle manière, des milliers de tunisiens de par le monde se sont engagés lors de la Révolution, à travers des actions citoyennes, humanitaires, de développement. Cette richesse doit permettre l’émergence de visions communes partagées et de pratiques sociales diverses afin de promouvoir des sociétés démocratiques, égalitaires et durables. Ensemble, tunisiens de l’étranger et tunisiens de Tunisie, Nous pouvons faire avancer notre pays vers un projet plus solidaire et plus populaire.

Toutefois, cette diaspora dont Nous sommes partie prenante, ne doit pas être perçu comme un parent pauvre ou un parasite d’un genre douteux.

Globalement les mesures prises par ce gouvernement et l’ANC, ne vont pas dans le sens de la promotion de la diversité des tunisiens. Bien que Nous n’ayons jamais eu autant de binationaux à l’ANC et au gouvernement, Nous avons constaté une suite de mesures allant dans le sens de la restriction de la citoyenneté pour les citoyens tunisiens de l’étranger au profil plus atypique. Le tunisien non arabophone, le tunisien issu d’un couple mixte, le tunisien non-musulman, le tunisien né à l’étranger, souffre d’un regard et de lois le stigmatisant. Au-delà des mesures conjoncturelles, il manque surtout que sur ce sujet, Nous, soyons mis au cœur du débat.

Il faut demander aujourd’hui, un véritable débat sur la question des tunisiens de l’étranger. Mais avant même de demander un débat, il faut les connaitre. A ce jour, aucune étude sérieuse, aucune enquête sociologique ou démographique n’a été réalisée les concernant. Malgré les sommes astronomiques dont bénéficie l’Office des Tunisiens à l’Etranger depuis sa création, Nous ne disposons d’aucune typologique ou cartographie de ces tunisiens vivants en dehors de la mère patrie. C’est à partir de ces données objectivables, qu’il faudra prendre le temps dans un cadre consensuel de débattre sur la politique publique à mettre en œuvre.

Le primat des idées reçues sur les tunisiens de l’étranger empêche tout réel débat qui ne soit pas sur le registre du passionnel pour ne pas dire de l’hystérie. Les tunisiens de l’étranger, seraient des enfants d’ouvriers aujourd’hui « musulman pratiquant » et « votant Ennahda » pour les uns, pour les autres, ce ne sont que des assimilés d’autres pays, parlant à peine leurs langues et venant en Tunisie dépenser avec faste leurs quelques devises. Ces idées reçues trouvent leurs traductions mêmes au cœur de l’ANC où des élus de l’étranger maitrisant peu l’arabe se sont vus railler par leurs pairs.


C’est ensemble, dans un cadre dépassionné et sur la base de données objectivables qu’il faut, et cela devient urgent, élaborer une doctrine sur la question. Et surtout se donner les moyens de la mettre en œuvre.

Force est de constater que le Secrétaire d’État Mr Houcine Jaziri n’a pas pu, n’a pas su, encourager cette dynamique. L’ensemble des mesures prises par son administration ne c’est pas vu. Malgré nos nombreuses demandes et recommandations, notamment sur la question du conseil des tunisiens de l’étranger, aucun mécanisme transparent n’a été adopté. Aucune méthodologie.Aucune administration apte à prendre en charge ce dossier sur la durée. Ces manquements, dans un contexte de plus en plus bipolarisé, ont accentué la balkanisation des tunisiens de l’étranger qui se retrouvent en otage des intérêts partisans court-termistes.

Ce climat global et l’absence de faits significatifs fait que Nous ne serons pas a Hammamet, tant, qu’un véritable travail ne sera pas fait sur la communauté tunisienne à l’étranger, et sans la mise en place d’une doctrine connue de tous et d’une feuille de route.

C’est donc un choix assumé pour Nous de rompre avec cette logique de la société du spectacle telle que décrite par Guy Debord, et de s’atteler à l’action dans le réel, pour les tunisiens et les tunisiennes de la diaspora.

Il faudra à un moment ou à un autre rompre pour s’atteler à agir dans la réalité.

Association Uni*T le 18 Aout 2013

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