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Jan 23 2013

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L’émancipation Arabe et la révolution Tunisienne du point de vue d’Uni*T

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L’un des acquis principaux de la première révolution Tunisienne- menée contre le protectorat Français- a été d’affirmer l’arabité de la Tunisie mais aussi, son islamité et son régime républicain. Cette première révolution porta la lutte pour la Constitution, le Destour, comme étendard de la lutte pour l’indépendance. Cette constitution était un projet non seulement pour l’indépendance Etat mais aussi pour l’indépendance du peuple, de la société et de la nation toute entière. Cette première révolution savait donc quels acquis elle recherchait. Aujourd’hui, la deuxième révolution est toujours en recherche des acquis à obtenir, si ce n’est se cherche encore…

Quels acquis pour la 2ème révolution ?

La liberté et la dignité. La référence à l’hymne nationale du poète tunisien arabe Abou Qassim al-Chebbi sur mélodie venue du Machrek. Le drapeau Tunisien évoquant à la fois la modernité, l’unité islamique, le sang des martyrs et les 5 piliers de l’islam. L’Intifadha comme voie de révolte populaire. Le refus de troquer sa dignité contre des biens matériels même fondamentaux à travers le slogan « khobz ou ma Ben Ali la » (du pain et de l’eau mais pas de Ben Ali). La poursuite de la lutte pour la fin du régime et non pas le simple remplacement du dirigeant. Le slogan de Tunis à Al-Quds. L’expression publique décomplexée de sa foi à travers notamment des symboles de religiosité jadis honnis de tels que le hijab (foulard musulman) ou la lahya (barbe). La fin de la peur et le courage de vivre quitte à bousculer l’ordre établi. L’unité des différentes fractions de la société, au delà des clivages régionaux, sociaux, culturels religieux et politiques pendant un temps autour d’un mot d’ordre unifié. Tout ça réuni, malgré ses contradictions, constitue toutefois des pistes de ce qu’a représenté la révolte qui a embrasé le monde suite à la fuite du dictateur.

De la transition des dinosaures…

Certains ont tenté de mettre en boite notre Intafadha avec des termes tel que « Révolution du Jasmin », « Printemps Arabe ». D’autres, ont cherché à se l’approprier, qu’ils soient des vétérans de l’ancien régime à travers leur « transition » qui n’en finit plus de transiter. Qu’ils soient des progressistes modernistes occidentalo-centrés qui ont voulu trop vite n’y voir que le triomphe des valeurs occidentales à travers une prétendue jeunesse twittero-facebooko-blogosphérique. Ou encore, des islamo-démocrates qui n’ont vu dans notre révolte qu’un strapontin à leur soif de fauteuil pour qui le remède se résume à ajouter le préfixe islamo à tout ce que le peuple a pourtant vivement dégagé. En Tunisie, nous les nommons « les dinosaures ». Non pas du fait de leur vénérable âge, mais parce, jeunes ou anciens, ils sont des aberrations de l’histoire amenés à disparaître. Leur rôle doit se borner à une phase transitoire dans laquelle nous ne devons pas stagner sous peine de reculer.

…Vers une révolution du sens

Nos révoltes pour qu’elles soient d’authentiques révolutions ne peuvent se contenter de simplement répéter l’histoire ou de donner raison à un camp contre un autre. Nous ne vénérons ni notre passé, ni nos anciens, ni leurs acquis. Cependant nous n’oublions toute pas que notre génération a aussi le devoir de poursuivre les luttes menées par nos prédécesseurs avant nous. Comment ? Porter haut l’étendard de causes qu’ils ont voulu enterrer trop vite lorsque leur trahison est devenue trop évidente. Redonner du sens à des pratiques combattues par ces régimes au nom d’un progrès humain qu’ils ne cessaient de bafouer. Renouveler des valeurs et des principes dévoyés par des régimes corrompus. Ce n’est à qu’à ce prix que nos révolutions mériterons le nom de révolution.

Ni l’identité arabe, ni l’islamique ou même républicaine qui nous constituent n’échappent à cette nécessaire révolution du sens. Jeunes Tunisiens, puisons dans l’intifadha populaire de Tunisie pour donner un sens nouveau à l’identité Arabe de la Tunisie. C’est de ce sens nouveau de l’Arabité de la Tunisie que découleront, par la permission d’Allah, d’authentiques acquis pour notre révolution.

Contribution de Bader Lejmi au nom d’Uni*T pour le Congrès des Jeunes Arabes pour la Libération et la Dignité 2013 à Tunis.

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