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Mai 02 2013

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L’Islam politique à l’épreuve du pouvoir – FSM Tunis mars 2013 –

DSC_5126 - copie 3L’Islam politique à l’épreuve du pouvoir

 Tout d’abord nous tenons à remercier tout ceux qui ont participé financièrement à l’appel aux dons que nous avons lancé afin de financer cet atelier et à tout ceux qui nous apporte régulièrement leurs soutiens. Un grand merci Unitien. 

L’atelier s’est déroulé salle F, la salle s’est très vite remplie, malgré la complexité de trouver où elle se trouvait. le site était plutôt étendu. La conférence était traduite en 3 langues: Arabe, Français et Anglais. Le public du FSM étant pluriel tout le monde a pu y trouver son compte.

 

Cet atelier a fait partie des 30 ateliers traitant de religion et d’émancipation.

Nous l’avons intitulé « l’islam politique à l’épreuve du pouvoir ».

Suite à un contre temps Wadhah Khanfar n’a pas pu être parmis nous.  L’atelier c’est fait en présence de Nahla Chahal, journaliste libanaise; Stephane  Lacroix, enseignant à Science Po Paris et spécialiste du salafisme; Mounir Chafiq, intellectuel palestinien spécialiste du renouveau arabe et islamique et Ameur Laarayed, député à l’ANC et membre du BP d’Ennahda.

 

Avant tout il s’agissait de quatre pistes de réflexions :


  1. Analyser la place de partis appartenant au courant de l’Islam Politique et les liens qu’ils ont avec la problématique économique et sociale dans leur pays respectifs.

  2. Mettre de la nuance dans une situation qui est vu de France comme monolithique.

  3. Présenter des voix arabes, de la part des acteurs et plus uniquement celles de leurs intermédiaires comme on l’a fait très souvent par le passé.

  4. En quoi les mobilisations aux référentielles peuvent elles porteuses de valeur universelles, d’émancipation, et d’égalité sociale ?


Extrait vidéo de la conférence filmé par TNN.

C’est autour de ces quatre points que nous avons articulé notre réflexion, et la teneur du débat.

La dissonance interroge. La dissonance entre d’un côté le discours et les pratiques nous permet d’apprendre beaucoup sur le sujet ou l’organisation étudiée. Elle permet aussi une prise à l’échange, au dialogue et à la possibilité de changement possible.

 

Il convient tout d’abord de clarifier un point important. L’islam politique regroupe l’ensemble des acteurs qui s’engagent en politique au nom d’un référentiel religieux. Paradoxalement, tout les acteurs politiques qui se mobilisent au nom d’un référentiel religieux ne sont pas des acteurs de l’islam politique. Et tout les partisans de l’islam politique ne se situent pas dans la mouvance des Frères Musulmans. Cette  nuance est de taille, et permet de ne pas faire d’erreurs de lectures quand aux différentes mobilisations en présence. Un FM n’est pas un membre du Tahrir, ni un salafi, les nuances sont importantes. Des confréries soufies importantes sont engagées en politiques, mais ne sont pas considérées comme des acteurs de l’islam politique.

 

Interroger cette dissonance c’est accepter que l’autre, est « un sujet pensant et désirant, doté d’un langage et en quête de sens ». C’est ce travail que nous avons réalisé lors de cette table ronde.

 

Mettre face à face à la pratique réelle, et le discours assumé.  Comment peut-on se dire du côté des pauvres, quand on valide des accords avec le FMI ? ce sont au cœur de ces contradictions que nous avons voulut aller.

 

Il fallait aussi dans le contexte tunisien et plus largement arabe, banaliser les mobilisations qui se font au nom de de sa propre religion. Là où les choses sont banales en Amérique du Sud, on fait face dans les anciennes colonies française à une forte méfiance vis à vis des mobilisations religieuses. Cellec ci étant vu comme mécaniquement conservatrice, archaique, etc etc.

 

Loin des théories du complot qui voit la main de l’étranger dans toutes les mobilisations à caractère religieux, voire même dans les révoltes arabe en elle-même, nous avons tenté d’y voir plus clair, sur les mobilisations à caractère religieux, autre que celles que nous connaissons à travers les parties de la matrice des FM, en montrant que l’islam politique n’est pas réductible à une seule et unique et tendance, mais que l’épreuve du pouvoir concernait l’ensemble de ces tendances.

 

Comment à travers ce changement de donne, et de ces contradictions nouvelles, peut émerger un projet civilisationnel ancré dans son identité, mais porteur d’émancipation humaine et de progrès social ?

 

C’est à partir de ce fil rouge que nous avons souhaité organiser les débats. La composition du plateau représentait à nos yeux un enjeu à lui tout seul. Là où d’habitude, nous avions l’habitude d’inviter des intervenants francophones pour aborder ce sujet, le choix fut fait de débattre avec des acteurs arabes, des acteurs de la révolution. Ceci n’est pas allé sans quelques problèmes de logistiques, la traduction a rendu le débat plus long, les échanges moins fluides, mais c’était nécessaire de sortir de son aire de confort pour aller interroger ce qui se passait réellement.

 

On peut dans cette table ronde, retenir essentiellement trois aspects :


  1. L’émergence des acteurs salafistes comme force politique. Ce mouvement profondément endogène, mobilise un peu partout les classes les plus défavorisés, et contrairement aux idées reçues font preuve en politique d’un pragmatisme à tout crin. C’est ce qu’expliqua brillamment Stephane Lacroix, enseignant à Science Po Paris, et ce en trois langues, arabes, français, anglais, permettant ainsi à notre traductrice improvisée et  epuisée de faire un break.

  2. Une critique fondée sur la question sociale, tout d’abord d’un partie de la gauche arabe absolument clair vis-à-vis la question de l’islam politique en la personne de Nahla Chahal. Ensuite mené par Mounir Chafik, intellectuel palestinien, proche de la mouvance …… après un long parcours dans les organisations de gauche. Des critiques essentiellement organisé autour du discours islamiste qui se situe aux côtés des pauvres avant d’être au pouvoir, mais une fois que ces dernier sont en pouvoir le néglige absolument.

  3. La présence de Ameur Laarayed, députés de l’ANC, mais aussi ancien responsable du Parti Ennahda, et proche de Ghannouchi a aussi apporté au débat. Le  fait qu’un acteur islamiste ai accepté de se prendre au jeu du FSM, et de ce faire bousculer, sur ces thèmes là, fut de notre point de vue extrêmement intéressant.


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